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Le tourisme connaitra-t-il enfin son big-bang ?

La nouvelle copie de la Vision 2020 sera dévoilée le 2 avril à Agadir. Vraisemblablement, il ne faudra pas s’attendre à une révolution. Lamia Boutaleb, secrétaire d’État chargée du Tourisme, a levé un coin du voile sur ce que devrait être cette feuille de route. À l’évidence, le développement de l’aérien figure en bonne place autant que la consolidation des partenariats avec les TO, la relance de l’investissement et une meilleure visibilité via le digital. Boutaleb, qui était l’invitée de la Chambre de commerce britannique au Maroc, mercredi dernier, aura-t-elle convaincu ?

15 millions de touristes d’ici 2021
Le Maroc a accueilli plus de 11 millions de touristes en 2017, un «miracle», selon Boutaleb, si l’on tient compte du contexte mondial et régional. Dans le meilleur des cas, l’année 2018 devrait se solder par un million de touristes additionnels. L’objectif est d’en atteindre 15 millions d’ici 2021.

Oui aux low-cost, mais sans impacter RAM !
Lamia Boutaleb a appelé à une plus grande libéralisation du ciel marocain, en lançant les 3e et 4e phases de l’Open Sky. Une ouverture, certes très bénéfique pour le tourisme marocain, mais qui ne sera pas sans incidences sur la compétitivité de Royal Air Maroc (RAM). «Le maintien de RAM est très important pour notre pays, mais ce qui est plus important à mes yeux c’est le développement d’un secteur touristique vital pour notre Royaume», a lancé Boutaleb. Il s’agira de se mettre d’accord sur un schéma où les low-cost afflueraient davantage tout en veillant à la pérennité et au développement de la compagnie nationale. «Une équation très compliquée», admet la secrétaire d’État.
Par ailleurs, les aéroports, notamment les 15 internationaux du pays, devront connaître des réaménagements et améliorations pour accueillir les touristes dans les meilleures conditions.

Le digital, une nécessité absolue
La secrétaire d’État au Tourisme a annoncé la volonté du département de renforcer les relations avec les TO comme TUI et Thomas Cook. Ce dernier avait affiché, fin 2017, son ambition de privilégier la destination Maroc, un projet qui devrait se concrétiser prochainement, à en croire Boutaleb. «Plus les TO et compagnies low-cost s’intéressent au pays, plus la visibilité de la marque Maroc gagne du terrain sur internet, sachant que plus de 50% des touristes qui viennent au Maroc organisent leurs voyages via le digital, un segment où l’on est très loin du compte. C’est grâce à l’Open Sky et aux compagnies aériennes low-cost que nous sommes aujourd’hui sur internet. Nous devons redoubler d’efforts pour être plus présents sur les réseaux sociaux», recommande Boutaleb.

«Les banques ne financent plus le tourisme»
La réussite de la promotion et la commercialisation de la marque Maroc est tributaire de l’atteinte d’une taille critique de la capacité litière. Sur ce point, la responsable ministérielle a regretté le «désintérêt» des banques pour financer ce secteur, alors qu’elles sont signataires d’un accord les engageant à financer les investissements touristiques. «Les banques ne financent plus le tourisme et je peux les comprendre, car elles doivent optimiser l’allocation de leurs ressources. Pour y remédier, c’est à l’État d’allouer les garanties nécessaires à tout investisseur», relève Boutaleb. Elle propose un mécanisme spécifique où l’État soutiendrait les investisseurs touristiques tout en accompagnant ceux qui projettent de rénover leurs établissements. «Une mise à niveau du système fiscal s’impose pour inciter les investisseurs», lance-t-elle.

Un fonds de défaisance pour relancer l’investissement 
Boutaleb a confirmé le lancement imminent d’un fonds de défaisance qui regroupera les créances en souffrance détenues par les banques marocaines sur le secteur. Une manière de pousser ces dernières à financer à nouveau ce secteur et relancer l’investissement. Pour rappel, les banques montrent une frilosité à financer le tourisme en raison du taux de sinistralité et d’efforts de provisionnement beaucoup plus importants que pour d’autres secteurs.

Des discussions en cours avec Airbnb
L’amélioration de la formation et la lutte contre l’informel figurent également parmi les priorités du département du Tourisme.
Concernant la concurrence «déloyale» d’Airbnb comme la qualifient les professionnels, Boutaleb a annoncé que des discussions sont en cours avec cette plateforme de location et de réservation de logements de particuliers.

Une banque de projets par région 
Le département du Tourisme mettra à la disposition des investisseurs une grille comprenant les destinations et produits prioritaires. Le ministère devra proposer des projets spécifiques en fonction des atouts et spécificités de chaque région (8 selon la Vision 2020). Des appels à candidature seront ensuite lancés pour sélectionner les investisseurs intéressés par tel ou tel projet. Le promoteur devra bénéficier d’une batterie de mesures et incitations sous forme de contributions, dons, subventions, incitations et exonérations fiscales, la formule définitive n’étant pas encore ficelée.

Une refonte du programme Kounouz Biladi en cours 
«Le concept des stations Biladi n’a pas marché». Boutaleb est on ne peut plus clair : le concept Kounouz Biladi et les stations Biladi ne prennent toujours pas, selon elle. Une refonte est en cours pour ces concepts censés booster le tourisme interne qui représente le tiers des nuitées. Le gouvernement devra proposer aux investisseurs notamment des terrains à titre gracieux afin de proposer des prix bas sans que cela n’impacte leur rentabilité.

Une centralisation qui mine le secteur
«Il n’y a pas de décentralisation. Tout se passe à Rabat, les budgets, orientations et autres décisions…». Pour Boutaleb, le secteur souffre encore d’une centralisation qui ne respecte pas l’esprit de la Vision 2020, articulée autour de programmes spécifiques pour chaque région. Résultat : une absence de travail de fond pour la valorisation de produits touristiques locaux.
La gouvernance locale devra ainsi être plus présente dans le cadre de la nouvelle feuille de route, selon Boutaleb qui n’a toutefois pas révélé les mesures prévues pour rattraper le retard enregistré sur le volet gouvernance de la Vision 2020.

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