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Mohamed Benamour, Ancien président de la Fédération du tourisme

Le ghota du tourisme réuni en symposium

  • Le 11 avril à Rabat, quelques jours après l’annonce de la feuille de route
  • Le secteur veut retrouver son rang dans les politiques publiques

Le think tank CDS organise le 11 avril prochain, en partenariat avec la CGEM, un symposium international à Rabat qui a l’envergure des assises. Ce rendez-vous «de débats et d’échanges» a mobilisé un casting exceptionnel d’intervenants locaux et internationaux appartenant aux différentes branches du secteur: hôtellerie, transport aérien, distribution digitale, etc. A ce tableau, il faut ajouter des responsables publics, ministres et dirigeants de grandes administrations et entreprises publiques.

De la rencontre, les organisateurs espèrent sortir avec des propositions concrètes qui permettent au secteur de retrouver son leadership économique et son rang dans les priorités des politiques publiques.

Face à un chômage officiellement à un peu plus de 10,3% et 40% chez les 15-24 ans en milieu urbain, «l’industrie du tourisme peut apporter une réponse au problème de l’emploi dans notre pays», relève Mohamed Benamour, ancien président de la Fédération du tourisme. Oui, le chômage massif qui touche les jeunes est porteur de germes de tensions sociales. Les évènements d’Al Hoceïma et ceux, plus récents, de Jerada sont des alertes qui doivent mobiliser toutes les énergies. Tout doit être fait pour accélérer la croissance, l’emploi étant la priorité absolue, insiste l’ex-président de la Fédération du tourisme. Une étude prospective présentée au Conseil de la ville montre que Casablanca serait confrontée à un chômage de 25% en 2030, soit un actif sur quatre sans emploi si la croissance ne dépasse pas 4%! Un panel au symposium sera d’ailleurs consacré au rôle du tourisme en tant que levier d’une croissance forte et inclusive.

Opérateurs privés et pouvoirs publics devraient travailler en commun pour définir des formules efficaces en matière de formation et de qualification. Le tourisme, à travers ses démembrements, est en effet l’une des rares activités capables d’absorber des milliers de jeunes au chômage. Il s’avère aussi que c’est un formidable terrain d’apprentissage dont on connaît les vertus en termes d’intégration sur le marché de l’emploi. Pour cela, il faudrait retrouver l’esprit et les engagements de ce qui a été la première expérience des plans de développement sectoriels, le contrat-programme conclu en 2001. Cela veut dire, entre autres, poser les bases de la gouvernance du secteur, fixer des objectifs précis, quantifiables et mesurables dans le temps. Il va falloir par ailleurs assurer la continuité des moyens consacrés à un secteur doublement stratégique, non seulement sur le plan économique, mais aussi géopolitique. Si le tourisme représente 6 à 7% du PIB, par ses externalités positives, il pèse sans doute bien plus au regard de ce qu’il apporte en termes d’aménagement du territoire et dans la déclinaison des politiques régionales. Au moment où les régions sont appelées à gagner en visibilité institutionnelle, le tourisme peut servir de relais aux différentes politiques locales. Les présidents de régions conviés au symposium (Mustapha Bakkoury du Grand Casablanca, Ahmed Akhchichine de Marrakech-Safi, Mohand Laenser de Fès-Boulemane et président de l’Association des régions du Maroc et, côté français, Valérie Pécresse de la région Ile-de-France, première destination touristique mondiale) témoigneront de leur expérience respective.

Il faudra surveiller les débats dans le panel dédié à la digitalisation du secteur touristique. L’irruption des plus grandes chaînes hôtelières au monde, mais n’ayant aucun établissement (Booking.com et Airbnb), et le basculement de toute la distribution en ligne ont poussé l’industrie du tourisme à revoir son modèle économique.

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