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Le Maroc, pays touristique ?

Nabila Fethi, la directrice générale de « La Vie Economique, s’est fendu d’un éditorial dans l’édition du 1er Février 2019 où elle revient sur plusieurs points concernant la situation du tourisme national. Nous reproduisons in extenso cet éditorial qui interpelle à plus d’un titre les professionnels du secteur.

Peut-on affirmer que le Maroc est un pays à vocation touristique, capable de concurrencer des destinations lui livrant une rude concurrence, quand on sait que le taux de retour des touristes ne dépasse pas 10% ? Qu’est-ce qui fait donc que la majorité écrasante des touristes n’éprouvent pas le besoin de programmer un deuxième voyage dans nos contrées ?

Au delà de facteurs liés à la logistique, à l’environnement général et à l’absence délibérée, durant de longues années, d’une vision politique à même de booster les capacités du secteur et d’en élargir les horizons, l’un des facteurs d’insatisfaction souvent décrié par les visiteurs, touristes étrangers, MRE et les locaux compris, est le niveau de qualification et de professionnalisme des ressources humaines. En des termes plus clairs, la qualité de service laisse à désirer. Et dans le tourisme, les erreurs ne pardonnent pas.

Du côté des professionnels du secteur, certains ressortent le sempiternel argument de l’inadéquation entre l’offre et la demande pour justifier le niveau souvent déplorable des lauréats en tourisme et hôtellerie. Il est évident que pendant longtemps, on a formé des milliers de personnes sans trop mettre l’accent sur le savoir-être, une compétence déterminante dans le domaine des services. Nous voilà dans une situation d’échec difficile à admettre quand on sait que le Maroc a créé son premier établissement de formation en hôtellerie et tourisme en 1950, soit il y a près de 70 ans ! Et que la question de la formation professionnelle a depuis toujours fait partie des divers débats accompagnant l’avenir du tourisme dans le pays.

D’autres pointent du doigt l’exploitation dont font l’objet les stagiaires et les diplômés fraîchement sortis des écoles et instituts de formation. Dès lors, rien d’étonnant que la démotivation, l’absentéisme, ainsi que le manque de rigueur et d’implication soient monnaie courante sur le terrain (voir notre enquête en pages 14 à 16).

Comme pour toute filière, ce sont les perspectives d’évolution qui définissent le degré d’attractivité du tourisme. Mais quand il renvoie une image de secteur qui patauge, cherche encore un cap, valorise mal son capital humain, il y a de grands risques qu’il ne capte pas toujours les meilleurs profils. Et quand bien même il réussirait à embaucher des jeunes à fort potentiel, savoir les garder est une autre paire de manches. Au final, des éléments prometteurs se retrouvent dans des pays comme ceux du Golfe, qui sont toujours aux aguets pour les accueillir les bras grands ouverts.

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